Un aviateur Australien de la 2 ème guerre mondiale en visite à Heiltz le maurupt. Vidéo du reportage de la chaine ABC.


Vendredi 30 mai 2014, 91 ans, Denis Kelly, un ancien aviateur Australien de la seconde guerre mondiale,  venu de l'autre côté de la planete, s'est recueuilli sur la tombe d'un de ses camarades aux cimetière d'Heiltz le Maurupt. Il s'est rendu, accompagné de son fils, à la Mairie d'heiltz le Maurupt pour retracer son parcours lors de sa venue dans la Marne pendant la seconde guerre mondiale.


Un reportage sera diffusé le 05 juin 2014 sur la chaine nationale australienne ABC dans le cadre du 7.30.

Reportage de la chaine Australienne ABC (cliquez)

Reportage du jounal L'union

« Merci. » C’est l’un des seuls mots de la langue française que connaît l’Australien Denis Kelly, mais il en mesure amplement la portée. Ce jeudi, à Pargny-sur-Saulx, cet ancien comptable, âgé de 91  ans, l’a prononcé à de très nombreuses reprises. Cet ancien combattant, qui a participé à la Seconde Guerre mondiale, l’a notamment adressé aux familles des Français qui lui ont sauvé la vie en 1944. Ceux-là même qui l’ont recueilli, fait soigner, nourri et caché après le crash du bombardier Lancaster dans lequel il se trouvait lors d’un raid militaire, dans la nuit du 18  au 19  juillet  1944.

Opérateur radio à bord de l’avion, Denis Kelly était alors âgé de 20 ans. Le jeune Australien devait, avec six autres soldats, bombarder la voie ferrée et la gare de triage de Revigny-sur-Ornain, un village situé à une trentaine de kilomètres au nord-est de Vitry-le-François. L’équipage composé de cinq Australiens, d’un Anglais et d’un Canadien avait décollé d’Angleterre ; deux de ses membres n’ont pas survécu à ce raid.

 

« Il avait dit qu’il n’oublierait jamais les gens (...) et c’est vrai »

Ces souvenirs, terribles, hantent toujours la mémoire de Denis Kelly. Notamment le décès de son camarade Allen, dont la tombe se trouve à Pargny et devant laquelle il s’est recueilli, jeudi. La douleur, les cauchemars, la culpabilité d’avoir survécu, lui, avaient même mené l’ancien soldat à refuser d’en parler avec ses proches jusqu’à une époque récente, même s’il était déjà venu à Pargny-sur-Saulx, avec son épouse, en  1982. A cette occasion, il avait revu Colette Sebille, la fille de Jeanne, la commerçante qui l’avait secouru, avec d’autres, la nuit du 18 au 19 juillet 1944.

Âgée de 17  ans, la Pargnysienne Colette venait voir Denis Kelly quotidiennement pour lui apporter de la nourriture dans sa planque, à l’écluse. «  Je ne parlais pas français, elle ne parlait pas anglais, mais on se comprenait, on faisait des gestes  », relate cet arrière-grand-père, ému à l’évocation de son amie disparue il y a trois ans.

Le fils de Denis Kelly, qui porte le même prénom que lui et l’accompagne dans ce voyage jusqu’à dimanche (ils seront à Heiltz-le-Maurupt aujourd’hui, vendredi) connaît les détails de cette histoire depuis une décennie seulement. Mais dans les villages marnais autour de Pargny, les familles qui ont aidé Denis Kelly en juillet 1944 ont, elles, raconté ce récit. Ainsi, jeudi, Martine Osik, la fille de Colette Sebille, était présente avec son frère, Jacques Szulika, et avec son fils, Pierre Osik. Très troublée, elle pensait à sa grand-mère, Jeanne. «  J’ai toujours entendu cette histoire : les cris dans la nuit, les peupliers embrasés... Je pense que ma grand-mère a fait comme si c’était son fils, elle s’en est naturellement occupée. Je me sens très fière d’elle  », commente Martine Osik, qui ne peut retenir quelques larmes. «  Je pense que ma grand-mère aurait pleuré aussi si elle avait été là.  »

Humides aussi les yeux de Denise Guérin, la maire de Pargny, et ceux de Monique Debrand, adjointe. Historienne, cette dernière évoque son admiration pour Denis Kelly : «  Il avait dit qu’il n’oublierait jamais les gens qui l’ont aidé il y a 70 ans, et c’est vrai. Il est revenu, à 91 ans.  »

Denis Kelly porte des lunettes fumées, ce qui ne masque en rien son émotion. Aujourd’hui, et jusqu’à dimanche, il va continuer de remercier «  ses sauveurs  », et espère désormais que « (ses) cauchemars le laisseront un peu plus en paix  ».

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