Abraham de Moivre

Abraham de Moivre est né le 26 mai 1667 à Vitry-le-François de parents protestants qui s’étaient mariés le 25 mai 1665 au temple de Heiltz-le-Maurupt.
Son père s’établit chirurgien à Vitry.
Abraham fait des études au collège de Vitry puis aux académies protestantes de Sedan et Saumur.

A la révocation de l'Edit de Nantes, il quitte la France avec son frère et sa mère pour aller s'établir à Londres.
Son aptitude pour les sciences s'était manifestée de bonne heure et ses connaissances vont lui permettre de subsister en donnant des leçons particulières.
Il se lie avec l'astronome Halley, fait à 28 ans sa première communication devant la Royal Society (Académie royale des sciences de Londres) dont il devient membre en 1697.
Il est choisi par cette assemblée pour siéger dans le jury chargé d'arbitrer le différend qui oppose Newton et Leibniz au sujet de la paternité du calcul infinitésimal.

L'invention de la science du hasard est dans l'air avec les travaux de Cardan, Galilée, Huygens, Montmort...
De Moivre publie son premier livre Doctrine of Chances qui selon les spécialistes le place à côté de Laplace comme co-fondateur du Calcul des probabilités.
C'est à de Moivre qu'on doit la notation de 0 à 1 de la probabilité et surtout la notion de convergence de la fréquence d'un événement aléatoire répété vers sa probabilité. (Si on lance 600 fois un dé chaque face sort chacune une centaine de fois environ, à quelques unités près).
On traitait beaucoup d'affaires à viager en Angleterre à cette époque et de Moivre étudie à partir de la table de mortalité établie par son ami l’astronome Halley, la loi de survie et ses conclusions constituent la base des assurances sur la vie.

Obligé de parcourir à pied de grandes distances à travers Londres pour donner ses cours particuliers, sa santé en fut altérée et déclina.
Il fut très heureux d'apprendre que l'Académie des Sciences de Paris l'avait nommé membre étranger en juin 1754. (Berlin avait eu ce geste dès 1735)
Il mourut le 27 novembre 1754 à Londres en Angleterre.


Bien que naturalisé anglais, il ne put jamais obtenir une chaire de professeur qui lui aurait permis de se consacrer à ses recherches, malgré les recommandations de ses amis Newton, Leibniz, Halley.

Malgré son départ de France alors qu’il n’était encore qu’un adolescent, il avait conservé très vif le goût des humanités et de la littérature françaises.
II savait par coeur des textes entiers de Rabelais et de Molière, qu'il était capable de réciter au soir de sa vie.
Sa renommée est universelle et il est cité dans les livres de mathématiques et de statistiques du monde entier, associé aux plus grands noms comme ceux de Simon de Laplace et Gauss.

Sa ville natale, Vitry-le-François, lui a dédié une rue.

Il a publié :
  • De mensura sortis (Mesure du hasard) en 1711.
  • Doctrine of chances (Théorie du hasard) en 1717.
  • Miscellenae analvtica (Mélanges analytiques) en 1730.

Sa biographie se trouve dans les grands dictionnaires et dans :
  • COLLETTE Jean-Paul, Histoire des mathématiques, Paris, Vuibert, 1979,-2 volumes.
  • MATY Mattew, Mémoire sur la vie et sur les écrits de M. de Moivre, La Haye, 1760 (en français).
  • WALKER Helen, Abraham de Moivre, in Scripta Mathematica, volume Il, 1934 (en anglais).
  • SCHNEIDER Ivo, Der .Mathematiker Abraham de Moivre, in Archives History of Exact Sciences, volume V, 1968 (en allemand, thèse de doctorat).
  • MAHEUT Gilbert, Abraham de Moivre, in Mémoires de la Société des Sciences et Arts de Vitry-le-François, volume .37, 1988.
    C'est la seule biographie détaillée existant en français, mentionnée dans les comptes rendus de l'Académie des Sciences.

Quelques liens sur le web :