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Page mise à jour le 30/01/2021 à 19 h 30

L’état de catastrophe naturelle reconnu pour Heiltz-le-Maurupt

La commune avait déjà été sévèrement frappée par les inondations en janvier 2018. Deux ans après, en février 2020, l’histoire se répétait dans le petit village marnais. S’il n’était pas le seul touché, il faisait figure d’épicentre de la situation de crise provoquée par la rapide montée des eaux et le débordement de la Chée.

Neuf mois plus tard, les victimes vont pouvoir être indemnisés. L’état de catastrophe naturelle vient en effet d’être reconnu pour la commune d’Heiltz-le-Maurupt, consécutif aux coulées de boue et aux inondations qui l’ont frappé dans la nuit du 3 au 4 février 2020.

Il a été publié au journal officiel du 14 novembre après l’arrêté interministériel du 19 octobre.

Les sinistrés disposent dorénavant d’un délai de 10 jours à compter de la publication de cet arrêté, soit jusqu’au 24 novembre, pour déposer un état estimatif de leurs dommages auprès de leur compagnie d’assurance.

Une station pour les eaux usées à Heiltz-le-Maurupt

Le village d’Heiltz-le-Maurupt va bientôt inaugurer sa nouvelle station d’épuration, et ce n’est pas la dernière.

Ce n’est plus qu’une question de jours. Le village d’Heiltz-le-Maurupt va bientôt pouvoir compter sur une toute nouvelle station d’épuration. « La construction arrive doucement à sa fin. Tout se passe bien », informe Hugues Gérardin, vice-président de la communauté de communes Côtes de Champagne et Val-de-Saulx (4CVS), en charge du dossier. D’ailleurs, la mise en eau de l’ouvrage a été réalisée ce jeudi 24 septembre, pour une entrée en fonction au début du mois d’octobre.

Une bonne nouvelle pour l’intercommunalité, compétente en la matière, qui – en février 2018 – avait opté pour un remplacement complet de l’équipement devenu vétuste après une carrière bien remplie. « Prévoyons une inauguration. Faisons connaître nos réalisations parce que nous allons investir beaucoup dans la réhabilitation de nos systèmes d’assainissement collectif (lire ci-dessous)», propose Claude Guichon, le président de la structure intercommunale, tandis que la démolition de l’ancienne installation se profile. Coût de l’opération : 542 513 euros.

Les élus doivent désormais enclencher à la réfection du réseau des eaux usées, rues des Raines et  Saint-Jean-L’Évangéliste, pour un montant de 374 682 euros. « Il sera refait en fonte en raison de son passage dans la nappe phréatique, à une profondeur de 2,5 mètres, sous de la voirie lourde, poursuivent Claude Guichon et Hugues Gérardin. Comme pour la station, nous sommes subventionnés à 80 %. »

Restera ensuite à renouveler la dizaine de branchements piqués sur la conduite principale (le coût évalué à 30 000 euros est presque totalement pris en charge), et à choisir un maître d’œuvre pour le réseau des eaux usées de la traverse du village.

Claudine Dubéchot reste maire à Heiltz-le-Maurupt

Le conseil municipal d’Heiltz-le-Maurupt s’est réuni le lundi 25 mai afin d’élire son maire. C’est Claudine Dubéchot, 70 ans, retraitée, qui continuera à assumer cette fonction. Elle sera aidée par deux adjoints : Philippe Muneaux, 58 ans, agent technique du département, et Martine Barthelemy, 66 ans, retraitée.

Crue record à Heiltz-le-Maurupt

Claudine Dubéchot érige l’humour en rempart. Quand on lui demande comment elle va, madame le maire, les pieds dans l’eau, répond : « Ça baigne ! » Depuis lundi, l’heure n’est pourtant pas à la rigolade. Depuis que les eaux de La Chée, renforcées par celles de l’Ornain, ont dévalé dans quelques artères du village, notamment la rue des Alizés et celle du Château d’eau. Une image de déjà-vu après les crues de janvier 2018, mais en pire« On a eu beaucoup de soutien et d’écoute de la part de la sous-préfète. Je tiens à le souligner mais je reste très en colère car on a l’impression que rien n’a été fait depuis deux ans alors qu’on nous avait promis des choses », se désole Claudine Dubéchot.

Au total, une douzaine d’habitations a été impactée. Le « record » revient à Martine avec ses 80 cm d’eau, rue des Alizés. Elle prend les choses avec fatalité, remarquant que « ça a quand même bien baissé. On a perdu 10 cm ». Mais, la situation de Patrick Cugnet est plus significative encore. « J’ai 68 ans et je n’ai jamais vu ça. Jamais l’eau n’était rentrée chez moi », explique-t-il, raclette à la main.

“L’eau est montée en deux heures, comme si elle était projetée par des lances de pompiers”

L’eau, boueuse, s’est infiltrée partout, épargnant de justesse sa chaudière et un congélateur rehaussé in extremis avec l’aide d’un voisin. « Cela s’est passé lundi. La première nuit, je n’ai pas dormi », poursuit ce supporteur du Stade de Reims, abonné à Delaune mais contraint de faire l’impasse sur la rencontre de mercredi face à Nice. Ce jeudi, il arborait le tee-shirt collector, « Remontés comme jamais », celui qui célébrait la remontée du Stade en L 1 avec le record de points. L’eau, elle, était montée comme jamais. « J’ai eu 18 cm dans la maison », a-t-il calculé. En flirtant avec les prises électriques, l’eau a joué un jeu dangereux. « C’est arrivé comme un torrent, comme si l’eau était projetée par des lances de pompiers. En l’espace de deux heures, c’était fait », image encore Patrick Cugnet, les yeux rivés sur le rond-point que l’on devine. Mardi matin, il était, lui aussi, totalement submergé. L’expert passera le 18 février pour évaluer les dégâts. D’ici là, les eaux auront reflué… Ou remonté car la météo des prochains jours n’est guère engageante, surtout lundi et mardi.

Le préfet rend visite aux sinistrés d’Heiltz-le-Maurupt et de Vitry-en-Perthois

À peine arrivé, et déjà les pieds dans l’eau. Le préfet de la Marne Pierre N’Gahane a pris ses fonctions le lundi 3 février en assurant qu’il voulait être souvent sur le terrain pour régler « les préoccupations quotidiennes ». C’était chose faite dès ce samedi avec une visite entamée à 10 heures à Heiltz-le-Maurupt. « Je suis dans cette maison depuis 58 ans, c’est la première fois que j’ai de l’eau », explique un habitant au préfet. Dans les habitations, des réfrigérateurs sont hors-service, les sinistrés ont tenté de sauver ce qui peut l’être en posant les meubles sur des parpaings. « En effet, c’est un épisode important », constate le préfet. C’était l’un des objectifs de cette visite : alerter l’État sur la gravité de la situation.

Les élus en ont également profité pour organiser des réunions dans les deux communes particulièrement touchées. À Heiltz-le-Maurupt, la maire Claudine Dubechot réclame une solution à court terme pour éviter que ce type de sinistre se reproduise. Parmi les sujets sur la table, les élus regrettent la destruction de la digue de Rancourt, dans la Meuse. Elle dérangeait un paysan en traversant la parcelle, mais jouait un rôle important pour retenir les eaux.

 

Directement dans la commune, la rue des Alizés était au centre des attentions. C’est par là que l’eau est arrivée, débordant de la Chée jusque dans les champs alentours. les élus se sont mis d’accord pour réaliser des travaux sur ce chemin. En l’espèce, surélever la route juste avant l’entrée du village, formant ainsi une butte qui permettrait de retenir les eaux dans les champs. Des vérifications doivent tout de même être effectuées auparavant, afin de s’assurer que ces travaux ne vont pas créer des problèmes autre part lors des prochaines crues.

“Je suis dans cette maison depuis 58 ans, c’est la première fois que j’ai de l’eau”

Du côté de Vitry-en-Perthois, les problèmes se cachent dans les sous-sols. En effet, une partie du réseau d’assainissement de la commune a été construit il y a une vingtaine d’années en béton. Résultat : de l’eau s’infiltre dans le réseau. « On a frôlé la catastrophe, s’alarme le maire Hugues Gerardin. On a failli avoir de l’eau qui remontait par les douches et les toilettes. »

“Je suis dans cette maison depuis 58 ans, c’est la première fois que j’ai de l’eau”

Ces inondations soulèvent des problèmes politiques, comme le souligne le président de la communauté de communes Côtes de Champagne et Val de Saulx Claude Guichon : « Nous avons 14 communes reliées au bassin versant de la Marne, et 26 autres du côté de la Saulx. »

Un territoire frontalier, pas toujours facile à administrer. « J’ai demandé au préfet de prendre un arrêté de délimitation afin de structurer Gemapi », explique Claude Guichon. Gemapi impose aux intercommunalités d’intégrer dans leurs compétences la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations. Le président de la 4CVS propose de créer un établissement public d’aménagement et de gestion des eaux (Epage) pour gérer cette problématique sur le territoire. En espérant que le préfet marnais accélère les choses auprès de son homologue meusien. Une solution de long terme, qui pourra compléter les mesures d’urgences.

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